1955 MASERATI A6G/2000 BERLINETTA ALLEMANO/ZAGATO
Artcurial | 2018-02-09 | RÉTROMOBILE 2018 | Venue : Salon Rétromobile - Hall 2.1 Parc des expositions Porte de Versailles 75015 Paris
Lot No. : 100
Year : 1955
Engine Size : -
Chassis No. : # 2108
Engine No. : # 2108
Estimate : EUR € 2,500,000 - 2,700,000
Not Sold
 

 

1955 Maserati A6G/2000 berlinetta Allemano/Zagato Titre de circulation allemand Châssis n° 2108 Moteur n° 2108 - Une des premières A6G/2000 produites - Historique particulièrement original - Moteur d'origine - Carrosserie ayant participé aux Mille Miglia 1956 L'A6G fait partie des toutes premières Maserati de route, la première étant l'A6 1500 de 1946. La production de cette dernière démarre doucement et 61 exemplaires sortent des ateliers avant qu'une version 2000 voit le jour en 1950. La diffusion est encore plus confidentielle et le moteur simple arbre manque un peu de puissance, si bien que Maserati améliore les choses avec un moteur à deux arbres à cames en tête et double allumage, mais avec la même cylindrée, pour l'A6G/54 ("A" pour Alfieri, "6" pour 6 cylindres, "G" pour ghisa, fonte, et 54 pour 1954). La puissance passe à 150 ch et comme la voiture est légère, elle atteint 200 km/h. La réalisation des carrosseries est confiée à Frua, Allemano et Zagato. Pinin Farina ne collabore plus avec Maserati depuis 1952, étant "occupé" par Ferrari, la marque concurrente. Entre 1954 et 1957, sortiront 60 exemplaires des usines Maserati, dont quatre berlinettes Frua et deux coupés plus tardifs, dotés d'un avant plus proéminent. Frua a produit également quelques versions spider, tout aussi confidentielles. Les Maserati A6G/54 et A6G/2000 sont à l'époque encore des voitures de sport radicales, directement dérivées de la compétition et réservées aux amateurs purs et durs. Mais elles vont assurer la transition entre le monde de la course et celui de la route : en 1957 sera lancée la 3500 GT, première Maserati de Grand Tourisme confortable sur laquelle se basera toute la lignée qui suivra et qui assurera le succès de la marque. En cela, l'A6G 2000 est un modèle qui représente un épisode majeur de l'histoire de Maserati. La voiture que nous proposons présente une histoire singulière, qui affiche deux origines différentes : celle de l'ensemble châssis/mécanique, et celle de la carrosserie. Sortie d'usine le 9 septembre 1955 avec le châssis n°2108, cette Maserati est alors équipée d'une carrosserie berlinette réalisée par la Carrozzeria Allemano, de teinte gris foncé. Comme nous l'apprend la fiche de fabrication usine, elle est dotée du six-cylindres Maserati A6G 2000 double arbre alimenté par trois carburateurs Weber 36 DO4. Elle est également équipée de tambours de freins d'A6GCS, de jantes Borrani à rayons chaussées de pneus Pirelli Stelvio, d'un système d'échappement Abarth, d'instruments Jaeger (mais d'un thermomètre Smiths), de phares Cibié et d'un autoradio Autovox. Destinée à être exposée au Salon de New York 1956, elle est transportée jusqu'au port de Gênes où elle embarque pour rejoindre Maserati Corporation of America, 662 Westbury street, à New York. Tout se passe bien pendant le Salon et cette voiture sportive et originale ne manque pas d'attirer les regards, mais les choses se gâtent après le Salon car elle est victime d'un incendie qui détruit la carrosserie. On perd alors de vue les restes de la voiture, jusqu'à un échange de correspondance datant de décembre 1970 entre Maserati et un certain Calvin R. Jones, de Tucker, en Géorgie (USA), qui cherche à s'informer sur cette Maserati portant le numéro de châssis 2108. Plus tard, on la retrouve entre les mains de John Battiscombe Gunn qui, dans les années 1980, possédait deux A6G/2000. C'est auprès de lui que Keith Duly, grand spécialiste et collectionneur de la marque au Trident, de Bethlehem (USA), en fait l'acquisition dans les années 1990. Au début des années 2000, il décide de restaurer cet ensemble châssis/mécanique qui n'a semble-t-il pas énormément souffert de l'incendie et qui est en assez bon état, compte tenu aussi du fait que la voiture n'a pratiquement jamais roulé. Mais il manque toujours une carrosserie et c'est celle de la voiture portant le numéro de châssis 2102 qui va être utilisée. Il s'agit la première berlinette Zagato produite sur la base A6G. De teinte rouge à sa naissance, elle participe à l'époque à plusieurs épreuves sportives comme le Rallye de Sestrières en février 1956 avec Gino Munaron, ou le Trofeo Torricelli en mars 1956 avec Giuseppe Musso (frère de Luigi Musso). Elle est également utilisée comme voiture de reconnaissance pour Stirling Moss et Denis Jenkinson en préparation des Mille Miglia 1956 (aventure relatée par Jenkinson dans un long article de Motorsport, où il souligne les qualités dynamiques de la voiture, légère et facile à conduire) ; et elle prend part aux Mille Miglia 1956 avec Arnaldo Bellini et Nicola Carosio, qui terminent 25e de leur catégorie. Après la course, elle est équipée par l'usine de deux écopes de refroidissement spécifiques, derrière les passages de roues avant. D'après l'ouvrage de Walter Bäumer sur les A6G Zagato, cette voiture se retrouve dans les années 1990 dans l'atelier Alan Stokes Automotive (Cambridgeshire) pour une restauration commandée par le négociant hollandais Rudy Pas. Celui-ci, considérant que la carrosserie d'origine est trop difficile à remettre en état, en a commandé une neuve, bien que, comme nous le montre une photo de l'époque, la carrosserie d'origine ne semblait pas endommagée. Cette dernière reste donc dans l'atelier de Stokes, jusqu'à ce qu'elle soit achetée par le négociant italien Franco Meiners pour Keith Duly et son châssis 2108. C'est ce qui explique la double origine de la voiture de ces pages. L'achat de la carrosserie a lieu en 2007 et Keith Duly confie alors tous les éléments dont il dispose à Quality Cars, à Padoue, pour que la carrosserie soit remise en état et montée sur le châssis 2108. Un courrier de Quality Cars confirme que cette carrosserie est bien celle qui équipait à l'origine le châssis n°2102, et que 90% des panneaux d'origine ont été repris. Seul une partie du pavillon a dû être complètement refait. Plus de 4 000 photos de la restauration ont été réalisées, en particulier de l'aile avant montrant l'ancienne écope rajoutée. Par ailleurs, Keith Duly profite de l'opération pour effectuer quelques modifications esthétiques : il supprime les bossages au niveau des pare-chocs arrière, pour pouvoir utiliser deux petits éléments séparés ; à l'avant, il opte pour une calandre un peu moins massive que celle utilisée à l'origine. La voiture est terminée en 2015. Trop sportive pour le goût de Keith Duly, il s'en sépare durant l'été 2015, au profit d'un amateur allemand. Depuis, cette voiture a pris part à divers rallyes locaux, ainsi qu'aux Mille Miglia historiques en mai 2017. Elle est accompagnée d'un dossier de documents comprenant en particulier : fiche de fabrication usine, carte d'identité FIVA, lettre de Maserati à Calvin Jones (décembre 19701), certificat d'origine de Maserati, documents divers, très nombreuses photos... Les Maserati A6G/2000 sont des voitures à la fois rares et exclusives, qui sont à l'origine d'une des marques les plus prestigieuses du monde. L'histoire de la voiture que nous présentons est particulièrement riche, avec d'une part un châssis/moteur destiné à un Salon automobile et d'autre part une carrosserie qui a participé à la plus grande épreuve automobile sur route. Avoir pu faire renaître cette berlinette est le plus beau des hommages aux travaux des frères Maserati. German title Chassis n° 2108 Engine n° 2108 - One of the first A6G/2000 produced - Particularly special history - Original engine - Coachwork used in the 1956 Mille Miglia The A6G was one of the earliest Maserati road cars, the first being the A6 1500 from 1946. Production of the A6 slowed with 61 examples leaving the factory before the 2000 version appeared in 1950. Numbers dropped further and the single camshaft engine was rather lacking in power, prompting Maserati to make improvements. While the engine size remained the same, an overhead twin-cam, dual-ignition set-up was used for the A6G/54 (A for Alfieri, 6 for 6-cylinders, G for Ghisa - cast iron block, and 54 for 1954). The power increased to 150 bhp and the car was light enough to reach 200 km/h. Frua, Allemano and Zagato were commissioned to build the bodies. Pinin Farina had stopped collaborating with Maserati in 1952, being " busy " with competitor Ferrari. Sixty examples left the Maserati factory between 1954 and 1957, including four Frua berlinettas and two later coupés with a longer bonnet. Frua also produced limited numbers of different Spider versions. The Maserati A6G/54 and A6G/2000 were radical sports cars at the time, derived directly from competition, and reserved for committed enthusiasts. They also ensured a successful transition from the race track to the road : 1957 saw the launch of the 3500 GT, the first comfortable Maserati Gran Turismo, which spawned a long line of cars that ensured the marque's success. As such, the A6G 2000 was a model that played a major part in the history of Maserati. The car on offer has a very special history, with two different origins, one for the chassis/engine and the other for the coachwork. This Maserati left the factory on 9 September 1955 with chassis n°2108, fitted with a dark grey berlinetta body built by Carrozzeria Allemano. The factory build sheet tells us that it was powered by a six-cylinder Maserati A6G 2000 twin-cam engine fed by three Weber 36 DO4 carburettors. It had A6GCS drum brakes, Borrani wire wheels with Pirelli Stelvio tyres, an Abarth exhaust, Jaeger instruments (but a Smiths thermometer), Cibié lights and an Autovox radio. Destined for display at the 1956 New York Motor Show, the car was transported to the port of Genoa, where it set sail for America and the Maserati Corporation of America, 662 Westbury Street, New York. Everything went well during the Show and the sporty and rather original exhibit attracted much attention. Disaster struck afterwards, however, when the car became the victim of a fire that destroyed the bodywork. We then lose sight of the remains of the car, until an exchange in December 1970 between Maserati and a certain Calvin R. Jones, from Tucker in Georgia, US, who was trying to find out about his Maserati with chassis number 2108. The car was later found in the hands of John Battiscombe Gunn, who owned two A6G/2000s during the 1980s. It was from him that Keith Duly, the important marque specialist and collector, from Bethlehem (USA), acquired the car during the 1990s. At the start of the 2000s, he decided to restore the chassis/engine, as it didn't appear to have suffered greatly in the fire and was in rather good condition, given that the car had hardly turned a wheel. However, it was still missing a body and so the coachwork from chassis number 2102 was used. This was the first Zagato berlinetta built on the base of an A6G. Originally red, it participated in period in various sporting events such as the Rallye de Sestrières in February 1956, driven by Gino Munaron, and the Trofeo Torricelli in March 1956 with Giuseppe Musso (brother of Luigi Musso). It was also used as a reconnaissance car for Stirling Moss and Denis Jenkinson in preparation for the 1956 Mille Miglia (an adventure recounted by Jenkinson in a long article in Motorsport, in which he praised the dynamic qualities of the car that was light and easy to drive). It also took part in the 1956 Mille Miglia, driven by Arnaldo Bellini and Nicola Carosio, finishing 25th in class. After the race, the factory fitted two special cooling vents, behind the front wheel arches. According to the book by Walter Bäumer on the A6G Zagato, this car was discovered in the 1990s in the Alan Stokes Automotive workshop (Cambridgeshire), for a restoration commissioned by the Dutch dealer Rudy Pas. Deciding that the original coachwork would be too difficult to restore, he ordered a new body. But, as we can see on a period picture in the file the original body was in quite good condition. The original body remained in Stokes' workshop until it was bought by the Italian dealer Franco Meiners on behalf of Keith Duly for his chsssis 2108. And so we learn the double origins of the car presented here. The purchase of the caochwork took place in 2007 and Keith Duly handed everything to Quality Cars in Padua, so that the coachwork could be refurbished and fitted onto chassis 2108. A letter from Quality Cars confirms that this coachwork was indeed what was originally fitted to chassis 2102, and that 90% of the original panels were used. Only a part of the roof had to be completely redone. There are over 4000 photos of the restoration, including some showing the front wing with the vents added previously. Keith Duly took this opportunity to make some aesthetic improvements: he adapted the rear bumper in order to fit two small separate sections, and at the front, he opted for a slightly smaller grille than was used originally. The car was finished in 2015. Too sporty for Duly's tastes, he sold it in summer 2015, to a German enthusiast. Since then, the car has taken part in various local rallies, as well as the historic Mille Miglia in May 2017. It comes with a folder of documents that includes the factory build sheet, FIVA identity card, the letter from Maserati to Calvin Jones (December 1970), the certificate of origin from Maserati, various documents and a huge number of photos. The Maserati A6G/2000 is a rare and exclusive car, with an important place in the history of one of the most prestigious marques in the world. The story of the car on offer is particularly interesting, having, on the one hand, a chassis/engine destined for a Motor Show, and on the other, a body that has participated in the most famous road racing event. Bringing this berlinetta back to life is a great tribute to the work of the Maserati brothers. Photos © Peter Singhof Estimation 2 500 000 - 2 700 000 €